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Voyage accompagné pour une handicapée
Dernière mise à jour 18 août 2010
Ecrit par la rédaction
18 août 2010

Jacqueline, une rescapée du drame de la passerelle du Queen Mary 2 à Saint-Nazaire, s’est vu signifier deux refus de séjour si elle n’a pas d’accompagnateur. « Discrimination », dénonce une association.

Djerba « la douce » semble encore bien loin pour Jacqueline Frabolot. L’organisation des vacances de cette Nazairienne sur l’île tunisienne a pris un tour qu’elle ne soupçonnait pas, cette semaine, quand les deux agences de voyage qu’elle avait sollicitées lui ont donné la même réponse : il faudra voyager avec un accompagnateur.

La réponse est similaire à celle de l’affaire du passager en fauteuil roulant d’un vol Easyjet Lyon-Bastia, la semaine dernière. Il n’avait pu embarquer pour de vagues raisons de sécurité, ce qui avait valu l’intervention du secrétaire d’État aux Transports, Dominique Bussereau. Ce dernier a même diligenté une enquête et évoqué d’éventuelles sanctions.

Jacqueline Frabolot pensait pourtant ne pas demander l’impossible. Depuis bientôt sept ans, cette rescapée du drame de la passerelle du Queen Mary 2 (1) s’adapte à sa situation de femme handicapée. Amputée des deux pieds, elle se déplace avec des prothèses ou en fauteuil roulant. « Je n’ai besoin de personne chez moi, je ne vois pas pourquoi j’aurais besoin de quelqu’un à l’hôtel ou même pour prendre l’avion », dit-elle, agacée.

« Raisons de sécurité »

La première agence contactée voici plus d’une semaine a bien tenté de lui donner satisfaction. Deux semaines en octobre au départ de Nantes, dans un hôtel de Djerba, avec des soins de thalasso. Premier échec. L’hôtel, qui dispose de peu de chambres accessibles aux handicapés, ne serait pas chaud pour les octroyer à une personne seule, même en payant le supplément.

Deuxième tentative dans une autre agence et nouveau refus. Le tour-opérateur contacté invite la cliente à prendre les services d’un accompagnateur. Explication laconique de Marmara : « Pour des raisons de sécurité, des compagnies aériennes demandent systématiquement l’accompagnement. »

Une incitation abusive brandie de façon quasi-systématique par certains avionneurs au mépris d’un document pourtant très officiel : la classification internationale des personnes handicapées. Ignorée volontairement ou involontairement par de nombreux professionnels du tourisme, cette codification aurait dû éclairer le dossier de Jacqueline Frabolot. La Nazairienne promet en tout cas de ne pas lâcher l’affaire et de voir Djerba en octobre.