Un continent déchiqueté par la mer, un chapelet d’îles dont les noms chantent : la terre des mythes et du soleil épouse la Méditerranée… A la charnière des Balkans et de l’Asie Mineure, la Grèce aux reliefs tumultueux, aux paysages secs écrasés de lumière et aux ruines illustres est le plus oriental des pays de l’Europe du Sud. S’arrachant aujourd’hui au sous-développement, sans perdre son âme ni son pittoresque, elle n’a conquis son indépendance et réalisé l’essentiel de son unité qu’au XIXe siècle, après des luttes sanglantes contre l’occupant turc. Formée tardivement, cette nation moderne est cependant l’héritière de la communauté la plus ancienne d’Europe, le berceau de la civilisation occidentale. Les cités et l’art y apparurent il y a quelque 4000 ans, des sociétés évoluées s’épanouirent et déclinèrent entre 2000 et 1000, et Athènes connut son apogée au Ve siècle av. J.-C. Alors que Rome sortait à peine du limon étrusque, la notion d’hellénisme se développait, les Grecs des différentes cités se considérant comme les membres d’une même famille, unie face à la barbarie.
La Grèce au> côtes burinées est un puzzle de régions et d’îles où le plus-que-passé émerge continuellement dans le présent. Un voyage touristique s’y double d’un pèlerinage dans l’histoire : on bronze à proximité des ruines antiques, le tissu urbain moderne se relâche autour des champs de fouilles et des temples, des cheminées d’usine menacent le ciel près d’Eleusis (où la déesse Déméter offrit à l’humanité le premier épi de blé), l’Acropole veille désormais sur un quartier populeux, Mykonos la vacancière es: ancrée à quelques encablures de l’île d’Apolon, Délos, qu’encerclent les Cyclades. La Grèce du tourisme garde la mémoire de ses dieux et de ses héros, baptise ses grands hôtels climatisés «Poséidon», «Hermès», «Aphrodite» ou «Ulysse», offre à ses visiteurs la rêverie archéologique avec le farniente-bronzage…
Autant que le climat, la langue et le type humain, le passé glorieux cimente cette mosaïque géographique qu’est la Grèce. Les dieux de l’Olympe régnaient sur ce pays dont la luminosité et les manteaux de maquis ne dissimulent qu’incomplètement les contrastes. Les îles diffèrent les unes des autres, et la Grèce continentale elle-même est très diverse : la montagne domine, avec quelques sommets dépassant 2000 m, et l’ossature rocheuse. La Grèce, très morcelée, est faiblement peuplée. Après s’être accrochés pendant des générations aux rares terres cultivables d’un pays rocheux et ingrat, les paysans émigrent vers les régions industrielles, dont le ciel s’obscurcit de fumée : Athènes, Thessalonique, Volo ou Patras. Beaucoup s’expatrient : il existe une importante colonie grecque aux États-Unis, et des dizaines de milliers de « travailleurs émigrés » vivent en Allemagne de l’Ouest, en Australie, au Canada, en Belgique. Dans les secteurs déshérités de la Macédoine et du Péloponnèse, les blancs villages sont à demi abandonnés. Les volets se ferment devant le soleil dur de midi, mais aussi pour cacher le vide des humbles maisonnettes : les jeunes sont partis, laissant derrière eux le pope barbu, les femmes âgées invariablement vêtues de noir et coiffées d’un fichu, les vieux à casquette, chemise à carreaux ou pull-over de grosse laine… Les paysans sont souvent très pauvres, mais ils font preuve d’une noblesse et d’une générosité étonnantes : l’étranger est accueilli en ami, les problèmes de langue s’oublient vite devant un verre de vin âpre, accompagné de charcuteries fraîches si c’est l’époque où l’on tue le cochon.
Les Grecs sont ouverts, sociables, bavards, fiers de leur ville ou de leur bourgade. Ils ont le sens de la fête autant que de l’hospitalité : à Noël les enfants chantent de porte en porte, le
vendredi saint est célébré avec solennité,
l’agneau pascal est mis à la broche en l’honneur de la Résurrection… Chaque jour, chaque nuit peut devenir fête dans cette Grèce allègre où l’on aime à danser et à chanter malgré les problèmes quotidiens. Certaines tavernes sont peut-être un peu trop «typiques», mais le hassapiko, version originale du sirtaki, n’est pas une danse pour touristes. Entraîné dans le joyeux tourbillon d’une fête villageoise ou familiale, ou encore liant simplement conversation devant un café « turc » accompagné du traditionnel verre d’eau froide, n’importe quel visiteur peut fraterniser sans présentations : il ne lui est rien demandé d’autre que de convenir que la Grèce est le plus beau pays du monde… Pour en savoir davantage sur la Grèce et les sites touristiques à ne pas manquer, rendez vous sur le site Internet de Zoover.
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La Grèce

